DrollCat

7 JOURS / 7 FEMMES.
"A Rose for Obama"@

 

 

 

ROSE :
Histoire de Roselinda, by DrollCat alias CATSECRET The Original@ne


Le Motel Texaco, avec sa publicité Coca-Cola, faisait station-service. C'était un Motel comme on en voit dans les films, des années 60, avec une vieille pompe à manivelle à l'emblême de la Shell. Personne ne s'arrêtait plus là, depuis longtemps, pour prendre de l'essence. Ni aucun voyageur pour louer une chambre. C'était l'ultime station-essence séparant le Texas du Mexique. La Cadillac bleue à capote blanche était garée à côté du Motel. A la même place où il l'avait garée. Ca faisait bientôt un mois, jour pour jour, depuis qu'il était arrivé un matin. Il habitait, depuis, au dernier étage. Sous le panneau publicitaire Coca-Cola. Elle l'apercevait tous les jours par sa fenêtre. La fenêtre de son Motel donnait juste en face de son Motel. Entre les deux Motels il y avait juste la distance du Rio Grande... et la frontière.                             

Elle ouvrait sa fenêtre, tous les matins, pour arroser ses roses. C'était sa meilleure publicité. Des roses au Mexique c'est rare. Mais elle avait trouvé le truc, pour les faire pousser, et c'était son fond de commerce. Elle n'avait pas de boutique. Et sa chambre dans ce Motel, en attendant d'avoir les moyens, lui servait ainsi de bureau. Elle n'avait pas les moyens, comme la firme Coca-Cola, d'un panneau publicitaire. L'idée de se servir de sa fenêtre, tout simplement pour attirer les regards, lui était venue aussi facilement que ça. Un moyen de contourner la loi tout en restant légal. Personne ne pouvait rien trouver à dire. Ca avait attiré, un jour, l'oeil d'un touriste. Un grossiste de la côte Californienne, vers San Diego, qui lui avait passé une commande. Elle envoyait ses paquets de roses, par le vieux Lockeed DC-6 de la Western Union, qui faisait la navette une fois par semaine. Le grossiste lui achetait ses roses pour le dixième de ce qu'il les revendait. Mais ça lui permettait de payer sa chambre au mois. C'était peu, mais ponctuel, et régulier. Elle avait juste à sortir du Motel, pour passer à la Banque mitoyenne. Parfois les roses poussaient bien. Et elle avait un peu plus que pour son loyer. Elle allait alors à la boutique, juste à côté de la Banque, pour se payer une jolie robe. Comme tous les commerçants étaient dans la même rue tout le monde la connaissait. Et comme elle était jeune, et très jolie, les portes s'ouvraient à elle. Parfois le patron du snack, qui avait le béguin pour elle, lui payait le repas gratis. Elle mettait une petite robe, très décolletée, et il se contentait de ça. Quand elle allait aux wc, par un trou du mur, elle savait qu'il la regardait. Elle se masturbait alors sur la cuvette, sachant qu'il la regardait, et cela l'excitait parfois elle aussi. Après elle repartait dans sa chambre. C'était un moyen comme un autre, pour elle, de s'assurer toujours un repas. Sans jamais tomber dans la prostitution. Contrairement à toutes les autres filles, de son âge, qui raccolaient tous les touristes américains. Le patron du Motel, par contre, était un gros vicieux. Les mois difficiles, ça arrivait, il lui faisait crédit. Elle s'était demandée un moment pourquoi. Jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive, en son absence, qu'il entrait dans sa chambre. Et qu'une petite culotte, mystérieusement, à chaque fois disparaîssait. Mais c'était ça ou rien. Et qu'il jouisse dans ses culottes, en pensant à elle, la faisait presque sourire. Ca marchait comme ça, pour lui, et elle était tranquille. Elle savait qu'elle était très jolie, et finalement, s'arrangeait comme ça de sa vie. Tous les garçons du coin phantasmaient sur elle. Chacun attendant un jour qu'elle lui cède. Aucun ne l'aurait touchée, mais se serait aussitôt porté à son secours, pour la défendre. Elle son coeur battait pour un autre. Cet inconnu qui s'était arrêté, avec sa Cadillac, de l'autre côté de la frontière... juste en face de sa fenêtre.

Quand il s'était arrêté le premier jour, mystérieusement, il avait aussitôt regardé vers elle. Pourquoi avait-il regardé, vers son Motel, elle ne le savait pas. Elle se disait que c'était pour ses roses. Elle l'avait vu lui sourire. Puis il était entré dans le Motel. Et il avait loué cette chambre au dernier étage. On aurait dit, exprès, juste devant elle. Elle le voyait ainsi tous les matins. Chaque matin il ouvrait sa fenêtre, pour une chatte, qu'il avait dû recueillir. Car quand il était descendu de sa Cadillac, il n'avait rien avec lui, à part un vieil étui en cuir de guitare. Il passait ses après-midi dans sa chambre. A jouer de la guitare, et à fredonner des airs, des vieux trucs Country. Elle se disait que pour chanter, et jouer aussi bien, c'était un chanteur professionnel. Elle s'était pris à rêver, ainsi, au fil des jours depuis un mois. Mais ce qui la faisait rêver, et l'excitait au plus haut point, c'était ce qui se passait la nuit. Comme un petit jeu entre-eux. Elle s'était aperçu qu'il la regardait avec des jumelles. Elle avait vu briller les jumelles, une fois, dans la lueur du néon publicitaire. Sur le toit du Motel, la publicité Coca-Cola, ne s'allumait que la nuit. Elle l'avait surpris en train de la regarder une nuit où elle se caressait dans son lit. En rêvant justement à lui. En rêvant juste de ça, le jour où il avait tourné la tête, et l'avait regardée. Elle le trouvait beau. Même sans pouvoir voir son visage vu la distance. Chaque matin depuis, exprès, elle arrosait ses roses. En petit T-shirt rose et en culotte blanche. Juste pour capter son regard. Mais bizarrement, il ne la regardait jamais à ce moment-là. Il passait juste toutes ses journées, dans sa chambre, à jouer divinement des vieux airs de musique Country. Elle s'était fait, ainsi, peu à peu un film. Elle se disait qu'il était peut-être amoureux d'elle. Elle se disait que peut-être il n'osait pas, ou ne pouvait pas, franchir cette frontière qui les séparait. Alors elle avait cherché sur le Net. Et elle avait pris ce pseudo, Rose, pour bien lui faire comprendre. En spécifiant bien le nom de la petite ville. Mais pas une réponse, de ce Motel, ne lui était parvenue. Juste des curieux ou des obsédés. Alors, elle se contentait de regarder en boucle une vidéo. La vidéo était celle de la top-model Adriana Lima : venue poser nue sur une plage du Mexique à Tulum. Elle aurait pu être à la place de cette fille. Car elle était aussi jolie. Mais elle n'était pas top-model. Elle ne pouvait elle que rêver. Chaque nuit, pour le mystérieux inconnu d'en face, elle se caressait. C'était bien mieux. Devant sa fenêtre ouverte. Eclairée par intermittence, dans la nuit, par le panneau publicitaire Coca-Cola. Elle voyait alors dans le Motel, de l'autre côté de la frontière, briller la lueur fugace des jumelles. Elle se sentait couler de désir, avait honte, mais ne pouvait pas résister. Cela l'excitait terriblement. Elle retirait sa petite culotte blanche. Elle laissait courir ses mains sur ses jolis petits seins. Pour faire monter le plaisir. Puis elle descendait doucement vers sa petite fente ouverte. Toute ruisselante. Dans laquelle elle plongeait un doigt, lentement, pour qu'il ait bien le temps de voir. Tout en se caressant elle l'imaginait. La queue raide et tendue, vers elle, chaque nuit devant sa fenêtre, Elle imaginait le mouvement de sa main sur sa queue. Suivant le rythme de ses doigts, délicatement, sur sa fente ouverte et toute humide. Elle faisait semblant de ne pas le voir. Il ne fallait surtout pas. Comme ça c'était bien mieux. Et plus délicieux encore. L'idée de se savoir ainsi regardée et désirée, par cet inconnu, la troublait comme jamais elle ne l'avait été. Elle mouillait, elle ruisselait, elle coulait. Ca lui coulait sur les doigts. Ca lui coulait comme c'est pas permis. Elle en trempait les draps. S'abandonnant doucement à l'orgasme. Faisant entrer et sortir ses doigts d'elle. Avec grâce et lenteur. Pensant à ce qu'il faisait dans sa chambre. Entendant presque son souffle. Respirant presque son odeur, et jusqu'à l'odeur de son sperme, quand enfin elle jouissait. Comme il devait jouir, en la regardant, dans l'obscurité. Et l'envie qu'elle suscitait, en lui, sans se compromettre. Puis elle remontait, délicatement et pour lui seul, sa petite culotte. Encore toute humide. Encore toute tremblante de plaisir. Avant de s'endormir, en rêvant de rien, jusqu'au petit matin. Bercée par le miaulement de deux chats qui s'appelaient amoureusement dans la nuit. Et chaque matin en arrosant ses roses, elle regardait ainsi vers la Cadillac bleue, qui pourrait passer la frontière... et viendrait un beau matin pour l'emporter.

C'était un après-midi, elle l'écoutait, la chaleur était accablante. Des effluves de vent par instants apportaient les notes légères de la guitare. Il venait de finir de jouer Riders in the sky. Et commençait les premières notes du standard de Dolly Parton : Eagle when she flies... quand le patron du Motel entra.

Elle ne l'entendit pas tout de suite. Si elle ne s'était pas retournée, pour écouter le discours en direct de Barack Obama à Philadelphie, elle n'aurait même pas songé à sa présence. Il avait un passe. Il était entré sans faire de bruit. C'est le ventilateur qui lui fit sentir l'odeur forte de Tequila. Elle se retourna brusquement. Il ne bougea pas de sa place dos à la porte. Elle entendit le clic de la serrure qu'il verrouillait. Elle se leva d'un bond. Cherchant par où s'enfuir. Il fixait les bouts dressés, sous le T-shirt rose, de ses jolis seins fermes. Son regard glissa plus bas. Vers la petite culotte blanche. Et la forme dessinée par sa fente. Puis il la regarda. Elle vit alors ses yeux et son sourire abject. Elle sentit son sang se glacer. Il était ivre. Et vraiment l'air répugnant. Sous le T-shirt d'un blanc grisâtre, maculé de taches de tabasco et de traces grasses de chips, elle vit ses gros bras musculeux. Recouverts de poils noirs jusqu'aux épaules. Son gros ventre adipeux qui lui retombait sur la braguette à-moitié ouverte. Et l'énorme torse, puissant, obèse et tout velu. Il regarda l'écran de la télévision. Il vit Obama en plein discours. Un rictus traversa son visage. Et il poussa le son à fond. Elle cherchait quoi dire mais il ne lui en laissa pas le temps. D'un coup, il fonça vers elle, elle s'échappa. Il la saisit d'une seule main. Et elle sut qu'elle n'aurait aucune chance. Il puait l'alcool. Elle choisit de ne pas se défendre. Il aurait pu la tuer d'une seule main. Elle voulut fermer les yeux. Mais il la prit par le menton. La forçant à le regarder dans les yeux. Lorsqu'il comprit qu'elle se laisserait faire il la relâcha. Déboutonnant sa braguette. Elle ne bougeait pas. Il n'y avait rien à faire. Il avait fermé la porte. On ne l'entendrait même pas crier. Lorsqu'il sortit son sexe elle recula. C'était une verge énorme, longue et disproportionnée, comme elle n'avait jamais vue. Il s'approcha d'elle et releva son T-shirt. La vue de ses jolis petits tétons roses l'excita. Elle sentit l'extrêmité de la verge, décalotée par l'érection, venir toucher la peau de ses cuisses. Le contact de la douceur de la peau le fit bander davantage. Et elle sentit avec horreur l'humidité du gland. Elle chercha à quoi raccrocher son esprit. Il vit son regard vers l'écran de télévision. Elle vit l'éclair qui passa dans son regard. Le discours d'Obama allait durer 40 minutes. Il lui prit la tête et la poussa vers sa verge. Elle baissa la tête et s'agenouilla. Regardant avec horreur le pilon de chair qu'il avançait vers ses lèvres. Elle se concentra sur le discours d'Obama et ouvrit doucement la bouche. Au contact de sa langue il poussa un grognement. Elle suça juste le gland. Le prendre en entier dans sa bouche lui était impossible. Il avait une odeur très forte et bestiale. Un mélange de sueur et de sperme. Elle sentit un trouble étrange l'envahir. Elle se répugnait de faire ça. Mais c'était la seule façon de s'en tirer. La seule façon pour qu'il ne la brutalise pas. Et ne pas se retrouver à la rue. A cet instant encore, elle se disait que le faire jouir comme ça c'était éviter le pire. Depuis le temps qu'il devait se masturber, en pensant à elle, il ne tiendrait pas longtemps le coup. Mais il dut comprendre. Il la releva brusquement. Il la fit se retourner. Et arracha sa petite culotte. Elle sentit la verge énorme qui s'insinuait entre ses jambes. Elle cria alors. Elle l'implora. Elle le supplia. Lui disant qu'elle ne voulait pas. Surtout pas aujourd'hui. Un autre jour peut-être. Mais surtout pas aujourd'hui. Qu'elle allait trouver, un moyen, de l'argent pour le payer. Mais il ne l'écoutait plus. Et d'un coup, elle sentit la verge s'enfoncer en elle. Irrémédiablement. Dans son discours à la télévision, à cet instant, Barack Obama plaidait contre le racisme. L'égalité et le droit pour tout homme et femme. Quelle que soit sa condition. A une meilleure vie, à un meilleur avenir, à un meilleur monde. Cela semblait le faire jouir davantage. Elle le sentait aller et venir en elle. Il allait jouir en elle. Elle sentit les premiers jets de sperme en elle. Il jouissait en elle. Elle aurait voulu le tuer. Mais c'était trop tard. Déjà il ressortait sa verge et la remettait dans son pantalon. Il reboutonnait sa braguette en riant. Il s'apprêtait à sortir. C'est alors qu'il ne comprit pas ce qui lui arrivait. Il hurla de douleur. Portant les mains à son visage. Puis il hurla, une seconde fois, mais d'horreur. En voyant rebondir, puis rouler, quelque chose sur le plancher. Réalisant que c'était l'oeil... qu'il venait de perdre.

Il cherchait à se débattre. Mais il ne comprenait pas contre quoi. Il se débattait mais il ne voyait pas contre qui. Quelque chose s'abattait sur lui. Quelque chose de foudroyant qui le lacérait vivant. Morceau par morceau. Et lui dépeçait le visage. Il hurlait comme un fou. Mais personne ne pouvait l'entendre. La voix puissante de Barack Obama emplissait toute la chambre. Et pour tout le monde, dans la petite rue, c'était tout à fait normal. Tout le monde écoutait le discours, magnifique, de Barack Obama à Philadelphie. Dans ce discours un homme disait que tout homme et toute femme, de plein droit, à droit à la liberté et au respect où qu'il se trouve. Quelle que soit son origine sociale, sa couleur de peau, ses convictions ou ses idées personnelles. Tout le monde entendait ce discours. Mais personne ne l'entendait, lui, hurler de peur et de douleur. Une peur et une douleur, atroces, qui n'en finissaient pas. Jusqu'à ce qu'enfin il trouve la porte... et l'ouvre, pour s'enfuir de cette chambre.

Depuis cette après-midi, deux jours entiers se sont écoulés. Le premier lendemain matin, on retrouva le patron du Motel, mort vidé de son sang. Le visage atrocement mutilé. A l'état du visage, on pensa tout d'abord à un règlement de comptes. Comme on venait d'arrêter deux hommes, dans le même laps de temps, on pensa aussitôt à un recoupement. Les deux hommes projetaient de cambrioler la Banque. Et comme la Banque était mitoyenne au Motel, évidemment, on avança la thèse d'une complicité éventuelle. Le coup devait avoir lieu au moment où toute la ville écoutait le discours prononcé à Philadelphie. Leur forfait accompli les deux hommes n'avaient qu'à franchir la frontière. Où devait les attendre une Cadillac bleue. Mais l'examen d'un médecin légiste contredit cette thèse. La conclusion du médecin était que ce qui était arrivé au patron du Motel n'avait rien à voir avec cette affaire. Seul un animal féroce avait pu faire ça. On chercha partout. Mais on ne trouva jamais quel animal avait pu faire ça. A ce jour, on le cherche encore. Tout comme la Cadillac bleue.

Le surlendemain, Rose s'est réveillée heureuse. Elle a pris un bain en chantant. Elle a mis de belles roses rouges à sa fenêtre. Comme elle le fait, une semaine, dans chaque mois. Personne n'a jamais su pourquoi. Le soir elle s'est couchée, en souriant, en écoutant une chanson. La chanson vient du snack dans la rue. Une musique Country. Un air de Dolly Parton : Eagle when she flies. Le patron du snack vient d'engager un chanteur de passage : un guitariste virtuose. Depuis, des gens viennent de partout pour l'écouter. Rose n'existe plus sur le Net. Demain matin, Roselinda enverra de nouvelles roses toutes fraîches à San Diego, par le Lockeed. Un jour peut-être, elle le prendra, pour franchir la frontière.

Sous le lit, moi je joue... avec un étrange jouet.

 

 


DrollCAT.

 

 

Dépôt Texte SACD (Création Originale dans auf.com : le 22 Mars 2008.)