CATSECRET@ LE RONIN Lettre n°3

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LE RONIN (Chap. : La Lettre, n°3.)

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CATSECRET@ LE PETIT CINEMA DE 0h.

LE RONIN

LA LETTRE, n° 3.
(Troisième Jour.)

 


Cher Z.

Quand tu liras cette lettre, tu auras donc ouvert, la seconde enveloppe.

Et Fabre par conséquent, découvert l'adresse, de la cachette du cylindre. Quant à moi j'aurai cessé d'exister. Du moins, ne me reverras-tu plus jamais. Puisque c'est là, la logique, de cette étrange histoire.

Ce qu'il adviendra de cet objet, ceci, n'est plus mon affaire. Ce qu'il était exactement, à vrai dire, ne m'a jamais vraiment importé. La question de ce à quoi, il servait ou pouvait ramener, ne s'est jamais posée à moi. Seul compte l'usage des hommes qui en trouveront l'explication. Dans le cas où ils réussiraient à la trouver. Mais celà, je n'en doute pas... est déjà leur affaire.

Il me reste à parler, de Y. Et de Fabre.

Je ne puis te charger de dire, à Y, qu'un jour nous nous reverrons. Puisque tu ne la connais pas. Et qu'elle ne te connaîtra donc jamais. C'est une professionnelle. Elle le sait, simplement. Comment et quand, où, je ne puis le dire. Mais c'est le paradoxe de ce métier. On ne l'abandonne jamais. Jamais, tout à fait. Ce que je deviendrai, pour vivre, entre-temps pas plus. Peut-être qui sait auteur de romans policiers. Je dis ça en plaisantant. Mais après tout pourquoi pas. La bonne idée. Intellectuellement assez amusante. Autant que passionnante. La matière pour moi ne manque pas. Un nom dans ce métier, ou un pseudo, ne veut rien dire. A l'heure actuelle, d'ailleurs, je n'ai plus de nom. Qui je suis est une autre personne.

J'ai eu un rêve secret. Moi qui déteste rester enfermé, dans quoi que ce soit, ou par quoi que ce soit. M'établir quelque part. Dans un endroit libre. Un endroit où rien n'arrête le vent. Peu d'endroits pour ça demeurent en ce monde. Comme en Irlande. Si tu y passes, peut-être, m'y croiseras-tu. Il y a des chances, dans ce cas, sans même me voir. Et c'est là, tout ce que je puis te dire. Sur le regard que je porte sur l'avenir. Et ce qu'il peut m'advenir. Dans l'immédiat. Ayant toujours, choisi de confier, ma vie au seul hasard. Puisque lui seul détermine de tout. Mais je vais t'aider. Le tampon d'oblitération, de cette enveloppe, te donnera un indice. Sinon, de ma destination. Du lieu d'où je t'écris, à cet instant, cette dernière lettre.

Reste un mot pour Fabre. Le bon Commissaire Fabre. Dans cette bataille invisible, entre le bien et le mal, le regard d'une ancienne école. Une sorte de phare dans la nuit. Il me manquera. Son regard, droit et juste, sur le monde. Parlant mieux qu'un discours. Contenant l'intelligence, d'une génération d'hommes, aujourd'hui rare. Aussi solide et pragmatique, qu'un tailleur de pierre, travaillant dans la roche. Non pas comme ses confrères, face à l'irrésolvable d'un problème, préférant le bête rationnel réducteur. Cette pirouette, habile, de l'esprit. Confortable pour la raison. Tronquant la solution. Disons, quand la nécessité s'impose. Mais juste la tentative, de ramener tout problème, à sa simple base. C'est à dire toujours, à l'humain. Tachant juste d'en percer, jour après jour, les plus simples mystères. Plus profonds que l'univers. Héritage de la mémoire, de presque mille ans, de cette région cathare. Et qui m'a fait choisir ce lieu. Encore libre. Pour tenter d'y vivre un bref moment. Loin de Paris. Des contraintes. Et des limites, des hauts-murs, de la vie urbaine. Cloisonnant l'esprit, dans le rassurant, de la banalité. Du quotidien. Et des habitudes. Enfermant le regard. Et la perspective de la pensée. Dans les apparences. Préférant le décor de cette immensité sauvage. Et ses habitants. Dont le regard encore, par nécessité pratique, doit porter loin. Ce regard que Fabre, porte malgré lui, et bien ancré en lui. Ouvrant sur la simple perspective de l'humilité. Au bout du compte admettre, parfois, qu'on ne peut tout expliquer. Cette vertu faisant si peur, aux tenants, de la simple logique. Et de la raison raisonnable. Comme il a raison. A bien y réfléchir, l'univers, n'obéit à aucune logique. Nous cherchons à lui en donner une. Comme nous donnons une logique, de règles et de lois, à ce monde pour le faire tenir debout. La tache quotidienne, du travail de tout policier, se borne juste à ça. D'être confronté juste à ça. Et faire juste avec ça. Régler des problèmes, en apparence, parfois insolubles. Dérapant pour avoir oublié, le bon sens, de cette simple règle. Disons la dimension toujours de l'humain. D'où le regard amusé, et bienveillant, de ce bon vieux Fabre.

Contrairement à d'autres faits. Disons, parfois moins quotidiens. Se présentant à un détective. Des affaires moins banales. Dont les seuls témoins, n'iront jamais faire la confidence, à un simple policier. Parce que certains faits, dépassant la simple logique, n'auront jamais de solution. Des cas, comme cette affaire. Et d'autres peut-être encore plus inconcevables. Sans doute à jamais inconnus. Pour toujours irrésolus. Je vais te faire une petite confession. Parfois pour s'amuser, Fabre comparaît mon statut à un paladin, cette sorte de traîneur d'épée. Toujours en quête d'aventure. Romanesque. Comparé au travail de base, très monotone dans ses enquêtes, du simple fonctionnaire. Et en ce sens je vais peut-être le décevoir. De quête je n'ai eue, que de faire, et bien faire un métier. Comme lui le sien. Disons, dans un autre domaine. Et cela est tout, pour l'éventuelle fausse idée de romantisme, qu'il aurait pu se faire. A mon sujet.

Aujourd'hui en lui rendant mon arme, simplement, j'ai abandonné une façon de vivre. Je ne retourne qu'à ce que je fus. Et en guise de dernière confidence, j'ai toujours eu quelque part l'intime conviction, que Fabre n'a peut-être pas tout à fait tort. Quant à ce que j'aurais aimé être. Finalement.

J'aime pour un homme l'idée de vivre noblement. C'est à dire autant, pour lui-même, dans ses convictions. Comme pour tout autre. Ne pas hésiter, quand et s'il le faut, à risquer sa vie. Comme j'aime à le penser, en un autre temps, l'aurait fait un ronin. Dans le Japon ancien. Un chevalier sans maître.

Mais voilà. Si on peut choisir, de changer de vie, hélas on ne peut la refaire.

A moins de devenir par chance... un jour, un écrivain.

 

 

 

 

 

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